Qui, par amour et raison, tricote pour ses hommes
Des chaussettes maison, de laine ou tout comme,
Pour tenir tout l’hiver au chaud leurs grands panards,
Et traîne sur ses pieds des bas de cauchemar ?
Pur coton commercial, acrylique glacial,
J’inflige à mes petons la froideur abyssale
Des hivers montagnards aux neiges éternelles
Qui leur laissent le soir un air cicatriciel.
Oh, mes petons chéris, mes arpions délicats,
Mes jolis ripatons, mes pinceaux nacarats,
Pour vous dire l’amour que je vais vous porter,
Enfin, j’ai décidé pour vous de tricoter
Ces chaussettes rayées, à la roseur nacrée,
Et au vert printanier, en laine bien traitée
(Mondim de Lanae, coloris deux cent sept).
Assurément demain, vous serez à la fête !
