Quand j'ai vu ce bouquet plein de gaieté, lové au coeur de son étalage au Marché Saint-Pierre, il m'a happée (oui, je sais, je suis facilement happée). Mais c'est que j'avais aussitôt vu une fin honorable pour lui : il serait tunique bordée de blanc, et je le porterais sur un pantalon blanc.
Quel advenir séduisant, a-t-il conclu, et c'est ainsi qu'il s'est retrouvé dans mon panier, prêt à mes coups de ciseaux sacrificiels.
Et c'est ainsi qu'un beau matin parisien, voici ce qui lui est advenu :
Une matinée pour aller chez Sylvette en goguette, une matinée pour coudre mon tote-bag et sa pochette, une matinée pour coudre une tunique, ce fut un séjour parisien efficace, non ?
- Et qu'as-tu fait de ta quatrième matinée parisienne, paresseuse ?
- Bah... euh... des courses, de la lessive, du repassage, de la cuisine... Faut bien vivre quand même !
Depuis que je suis redevenue grenobloise, je n'ai guère eu de temps pour coudre. Il faut avouer qu'une séance poux avec les filles ne nous a guère laissé de temps (cinq couettes à laver, celles de la maison et celles du camion, encore plus de draps de bain, ceux de la toilette et ceux de la baignade, sans compter des séances éradication des bestioles suivies de séances douloureuses de démêlage...)
Nous avons rendu les filles à leur maman propres et récurées. Et épouillées.
(Et moi, bien sûr, j'en ai chopé : si je porte mal le chapeau, j'ai une vraie tête à poux. Je n'en rate jamais un !)
Mais bon, c'était mieux de faire ça avant l'arrivée des petits Suisses demain, non ?
Je préviens néanmoins: z'ont pas intérêt à en avoir !
(Ou bien, j'en ai encore et je partage ?)
