Sujet de philo : de la reproduction en artisanat

Publié le 17 Juillet 2017

Je viens de reprendre mon tuto des chauchaussettes des gars. Pour l'améliorer (disons surtout corriger les horribles fautes d'orthographe que j'avais repérées depuis longtemps), mais aussi pour ajouter des précisions sur le sens du tricotage, et puis des idées de point. Mais procrastination, quand tu nous tiens ! Je ne le faisais point.

Mais là, je l'ai fait, car j'ai été questionnée sur la proximité de mon tuto et de celui (payant) du FLKH. Je m'en explique sur la page de mon tuto.

 

Du coup, je me suis mise à philosopher (bon, c'est juste de la philo de comptoir toute seule dans mon boudoir!)

Pour moi, seule la méthode Contiguous représente une vraie innovation en tricot, je n’avais jamais rien vu de tel avant son invention. Peut-être quelques petits trucs techniques de ci de là sont-ils neufs aussi.

Je suis une tricoteuse de très longue date, fille et petite-fille de tricoteuses chevronnées, j’ai des kilomètres (de mailles) au compteur… et je ne suis quasiment jamais interrogée par un modèle, j’en décrypte sur le champ la construction, la logique, et presque toujours le point…
 

Le tricot est une technique ancestrale, nous ne sommes que les maillons de la chaîne de la transmission. Moi, je tricote sans modèle parce que je n’en ai plus besoin (ô privilège de l’expérience!). Je tricote dans l’air du temps parce qu’il m’imprègne. Et je tricote dans la lignée, imprégnée aussi de tout ce que j’ai reçu des tricoteuses d’hier ou d’avant-hier.

 

 

Sujet de philo : de la reproduction en artisanat

Alors qu’est-ce qui appartient en propre aux “créateurs”, me direz-vous ? Qu’est-ce qui légitime de payer 1, 2, 3, 10 € pour un modèle ? Ce qui appartient aux “créateurs”, c’est ce grand “petit plus” qui vient de leur goût, de l’équilibre esthétique de leurs créations, et puis c’est tout le travail de patronage. (Je tricote sans patron parce que je sais où je vais, mais je ne vous dis pas les pages de calculs que je remplis ! C’est un sacré boulot de patronner.) Alors, partir du travail de quelqu’un est une assurance de réussite du projet et payer un modèle est alors normal. C’est rémunérer un travail.

Cela me fait penser à une querelle sur les couleurs des teigneuses… est-on propriétaire d’une couleur? Non. Par contre, celles des teigneuses qui ont plus le sens des couleurs et de leur harmonie, produiront des laines plus belles… dont elles vendront plus ou qu’elles vendront plus cher. Normal…

 

Pour finir, je conclurai que nous oeuvrons dans l’artisanat, pas dans l’art. Ce que nous produisons de nos mains a déjà été fait, plus ou moins. Soyons modestes…

Et sachons nous réjouir de ce que la que la reproduction en artisanat n’a pas moins de valeur que l’original: mon pull bleu est aussi beau et me procure autant de joie que le même en rouge ! Et votre Ravello est aussi beau que celui d’Isabell Kraemer (c’est juste l’exemple qui me passe par la tête!)…

 

Rédigé par miclasouris

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Géraldine 17/07/2017 14:14

J'adore ta philosophie des aiguilles, des modèles, des couleurs, des fils ...
Je t'envie également ta capacité à créer tes propres modèles liée à ton expérience. En ce qui me concerne, il semble que 44 ans ne suffisent pas ... ;-D
Continue à nous faire rêver, réfléchir et rire. BIZ

miclasouris 17/07/2017 15:44

Oui, l'expérience est là... et puis aussi des essais erreurs. Il suffit de se dire qu'on peut le faire, de se lancer (et de ne pas se tromper dans les calculs, ah l'horrible règle de 3 !)

Mathilde 17/07/2017 09:00

Merci pour l'éclairage (bis

miclasouris 17/07/2017 15:45

C'est juste un avis... peut-être aussi juste du bon sens! ;-)